Sous l'Equat'or Aventures au Gabon  posté le dimanche 01 juin 2008 11:30

Charles Flamant Sous l’Equat’or AVENTURES AU GABON Roman Sous l’Equat’or : Au Gabon, l’avion est indispensable ! Je m’y installe au moment où le Président Ondimba Bongo décide la construction du Transgabonais qui donnera du travail à des milliers de personnes. Je serai de ceux-là et je ne l’oublie pas. Ce pays a attiré des gens de tous horizons. C’est à ceux-là et au Gabon tout entier que je dédie ce récit qui va vous faire découvrir un pays qui vaut la peine d’être visité. Résumé : A priori, c’est une mission discrète de quinze jours maximum au Gabon, petit état africain à cheval sur l’équateur. Mission ? Récupérer de l’or dans la jungle, près d’Ivindo, une des bases techniques du Transgabonais. Hans rêve d’un bar resto en Thaïlande, comme un de ses potes déjà en place. Après quelques années en Guyane, son contrat dans la Légion se termine. Brigitte veut savoir ce que voulait dire son père dans une lettre inachevée. Charles Flamant écourte ses vacances pour rejoindre le Gabon. Qu’est ce qui lie tous ses aventuriers ? L’Allemagne, la France, la Guyane, le Gabon. Une bonne balade pour les mordus de l’Afrique. Pour tous les routards qui ne connaissent pas le Gabon ! Du même auteur : Les Diamants de Popenguine Aventures Africaines Gabon Sierra Léone Sénégal Le Grand Sud Aventures au Maroc A ma mère A ma fille Karin A Amaury A Paris Roger Berteaux est sous perfusion dans un hôpital parisien réputé dans le traitement des maladies tropicales. Il a le teint un peu jaune. Il est fatigué, amaigri, mais il a le moral. Il rit même avec son infirmière car il parle de Lambaréné et au moment où il prononce les mots « Albert Schweitzer », ils reprennent ensemble la réplique : « le Bon Docteur Blanc ! » Tous les Gabonais, et tout le corps médical d’Afrique, au moins, connaissent l’expression et ça les fait rire tous les deux. Et Roger de commencer à raconter l’histoire peu commune de ce docteur peu commun. Comme pour se prouver qu’il est encore vivant et comme pour tester ses facultés, Roger récite plutôt qu’il ne raconte. Son infirmière, complaisante, laisse faire et écoute car elle a appris l’histoire quand elle était jeune. -- Albert Schweitzer est né à Kaysersberg près de Strasbourg le 14 Janvier 1875. Il est mort à Lambaréné, au Gabon, en 1965. Il fonde son premier hôpital le 16 Avril 1913 avec sa femme Hélène et s’installe sur le terrain de la mission d’Andendé. En 1914, la première guerre mondiale met un terme à son activité. L’Alsace étant rattachée à l’Allemagne, Schweitzer cesse toute activité et doit partir en France. Il reviendra construire un deuxième hôpital en 1924. Le 21 Janvier 1927, Albert Schweitzer déménage et s’installe dans son troisième hôpital à trois kilomètres du précédent devenu trop petit…… Mais la porte vient de s’ouvrir et Roger s’arrête de parler quand il voit entrer sa fille Brigitte. Il sait que sa fille n’apprécie pas ses discours sur l’Afrique. Pas du tout même, peut-on dire. Brigitte est infirmière dans un autre hôpital parisien. A Sainte Anne plus précisément. Elle salue Mathilde qui s’occupe de son père et elles échangent quelques mots. Brigitte embrasse son père sur le front d’un baiser qui dure une seule seconde de plus que disons « la normale », mais suffisante. -- Tu as encore un peu de fièvre. Je t’ai apporté le journal Le Monde. Mais ne te fatigue pas trop. Brigitte ne reste pas très longtemps avec son père. Ils n’ont pas grand-chose à se dire au grand regret de Roger. Il adore l’Afrique, elle la déteste. L’infirmière qui s’occupe de Roger est d’origine camerounaise. Elle aime parler de l’Afrique et elle sait que ça remonte le moral de Roger. Il les aime bien les Africaines. Le badge porte son prénom : Mathilde. Roger se sent morose tout à coup, comme vidé. Ca lui a pris dès que sa fille a quitté la chambre. -- Mathilde ? Vous permettez que je vous appelle Mathilde ? -- Oui. Bien sûr. Roger est maintenant décontenancé et au lieu de continuer son discours sur Albert Schweitzer, il parle du Cameroun. Oui. Il aurait aimé que sa fille reste plus longtemps à ses côtés. -- Je connais un peu votre pays, surtout le Nord. Garoua, Maroua. Et la réserve de Waza. Entre Cameroun et Tchad. Mathilde sourit discrètement et ne lui fait pas de remarques pour le changement de sujet. Roger commence à lire Le Monde. -- Toujours des problèmes un peu partout, ça bouge, ça bouge en Afrique ! Vous êtes mieux ici, c’est plus calme, n’est ce pas Mathilde ? Tenez, en Guinée Equatoriale, ce petit pays coincé entre votre pays et le Gabon d’où je viens, on a tiré sur le Président T.O Nguéma Mbossogo. Tout ça parce qu’il veut construire un barrage sur le Rio Benito pour alimenter le pays en électricité. Les rebelles se seraient réfugiés au Gabon. C’est ce que l’on croit. . -- Oui. C’est plus calme ici, en France, mais mon pays me manque vous savez. -- Je comprends Mathilde. L’Afrique me manque aussi et même si ça bouge, j’espère y retourner. -- Vous y retournerez vite, Roger, j’en suis sûre. Encore une semaine, puis un peu de convalescence chez vous et vous ne penserez plus à votre séjour à l’hôpital ni à moi, ajoute-t-elle en riant. En effet, une semaine plus tard, Roger rentre chez lui. Mais il est très fatigué. Les mouches à filaires et la malaria ne l’ont pas épargné. Il devra continuer son traitement très sérieusement. Ah ! Quelle saloperie ces petites mouches rouges triangulaires comme des mirages avec leurs ailes en delta. Elles vous piquent et vous refilent un ver très fin comme un fil, d’où son nom de filaire. Et ce ver se déplace sous votre peau. Parfois, on peut le voir onduler. Quand ils en sont atteints, les Africains bloquent sa progression en appuyant avec un doigt là où le ver ondule. Puis ils incisent la peau au niveau d’une extrémité du ver, le tirent à l’extérieur et le coincent dans un petit morceau de bois fendu. Chaque jour, ils tirent le ver hors de la peau en l’enroulant sur le morceau de bois. Mais ce ver peut atteindre des organes vitaux et provoquer la mort ! Roger n’a rien à faire à part se reposer. Il pense au Gabon et se demande s’il y retournera. La nuit, il rêve qu’il est à Ivindo avec son équipe d’Africains. Il rêve qu’il est sur son chantier. Sa mission : poser des rails de chemin de fer. C’est ce que font ses Africains depuis cinq ans. Roger, lui, dirige le chantier depuis deux ans. Auparavant, il était en Guyane française. Entre les deux contrats il est resté huit mois au chômage, chez lui, à Paris avec sa fille Brigitte. Il a envoyé une vingtaine de C.V. Que des réponses négatives. Et puis un jour, il reçoit une lettre. Son C.V. a retenu l’attention d’un recruteur. Celui-ci exige une bonne expérience des contrées chaudes et humides. Et qui dit chaudes et humides, dit végétation luxuriante donc jungle. Roger en est fou de la jungle. Avant d’aller en Guyane, il a déjà travaillé en Afrique pour la construction d’un barrage sur le fleuve Congo. Un bon contrat, trois ans renouvelables. Il a rempilé trois ans de plus. Là, sa femme Muriel et Brigitte en ont eu vraiment marre de l’Afrique et de sa jungle. Irrésistiblement attiré par la forêt, il faut qu’il s’y rende coûte que coûte. Il aime humer toutes les odeurs qui s’en dégagent. Il aime marcher lentement, sans faire de bruit pour ne pas effrayer les oiseaux qui chantent ou les animaux qui s’appellent. Il aime les surprendre, les découvrir sans qu’ils ne s’aperçoivent de sa présence. Et quand il aperçoit des Africains dans les savanes, il va à leur rencontre. Il sympathise avec eux et certains lui proposent même de les accompagner à la chasse à l’arc, ou à la lance ou bien relever des pièges. Le contact ! Roger aime le contact avec les gens différents. Il veut connaître ces peuples qui vivent à l’opposé de lui. Lui, qui a tout le confort partout où il va, saurait-il faire du feu sans allumettes ou sans briquet ? ça n’est pas sûr. D’ailleurs, avant de partir, il se rend dans les magasins spécialisés dans la vente de matériel de camping ou de survie. Repartir avec du matériel neuf. Se racheter un nouveau couteau, par exemple. Tout en gardant l’ancien en souvenir, accroché au mur au milieu de beaucoup d’autres objets. Il prend des photos de tout et déteste être à court de pellicules. Un jour sur le chantier d’Ivindo, la radio grésille dans son 4x4. Il est quinze heures. -- Roger de Philippe, Roger de Philippe ! Philippe Loubriet est le chef de la base d’Ivindo. -- Oui. Philippe de Roger, j’écoute. -- Je viens d’avoir Dieudonné, le chauffeur du train. Il est à quatre vingt kilomètres d’ici. Il vient d’écraser un buffle sur la voie. Il aura deux heures de retard. -- Ah ! Merde, merde ! J’espère que ce n’est que deux heures de retard ! J’ai besoin de pellicules pour demain ! Roger qui n’a plus de pellicules photos, a demandé à Dieudonné de lui en ramener de Libreville. D’habitude, c’est moi, Charles Flamant, qui lui en ramène et qui les fait développer à Libreville. Cette fois-ci, Roger est pressé. Et il n’aime pas être à court de munitions, comme il dit, car il immortalise tous les moments importants de sa vie sur le chantier. Les soirées organisées le week-end, les anniversaires, les fêtes, le train, les animaux sur la voie. Mais jamais d’accidents comme celui qui vient d’arriver, il n’aime pas ça. Mais il a déjà vu des éléphants sur la voie, obligeant le train à stopper à cent mètres avant le butoir à Ivindo, faisant rager tout le monde. Quelques minutes seulement mais suffisantes pour qu’il puisse prendre en photo les éléphants avec le train juste à côté. « Ah ! Ça c’est des souvenirs ! » dit-il. Il a essayé d’intéresser des collègues à ses balades mais en vain. La plupart ne veulent pas bouger. Il se demande comment on peut rester allongé tout un week-end au bord de la piscine. Car à Ivindo, comme sur toutes les bases de l’Octra (Office du Chemin de fer Transgabonais) il y a une piscine, ainsi qu’un court de tennis. Mais pour le moment, Roger est à Paris, et il repense à tout son passé et comme pour ne pas en oublier, il sort ses albums de photos et passe en revue tous ses souvenirs. Aux papillons succèdent les éléphants qui succèdent aux serpents etc.… et puis il pense aux amis. Roger sort un bloc de papier de son bureau et commence à écrire. Comme pour se sentir près d’eux, il regarde tout autour de lui. Ils sont tous là, ses potes, en photo sur tous les murs de son bureau, au milieu des masques, des lances, des arcs et ça lui donne le vertige. Roger, tout à coup transpire, il ne se sent pas bien du tout. A suivre….
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