Charles Flamant Sous l’Equat’or AVENTURES AU GABON
Roman Sous l’Equat’or : Au Gabon, l’avion est
indispensable ! Je m’y installe au moment où le
Président Ondimba Bongo décide la construction du
Transgabonais qui donnera du travail à des milliers de
personnes. Je serai de ceux-là et je ne l’oublie pas.
Ce pays a attiré des gens de tous horizons. C’est
à ceux-là et au Gabon tout entier que je dédie
ce récit qui va vous faire découvrir un pays qui vaut
la peine d’être visité. Résumé : A
priori, c’est une mission discrète de quinze jours
maximum au Gabon, petit état africain à cheval sur
l’équateur. Mission ? Récupérer de
l’or dans la jungle, près d’Ivindo, une des
bases techniques du Transgabonais. Hans rêve d’un bar
resto en Thaïlande, comme un de ses potes déjà
en place. Après quelques années en Guyane, son
contrat dans la Légion se termine. Brigitte veut savoir ce
que voulait dire son père dans une lettre inachevée.
Charles Flamant écourte ses vacances pour rejoindre le
Gabon. Qu’est ce qui lie tous ses aventuriers ?
L’Allemagne, la France, la Guyane, le Gabon. Une bonne balade
pour les mordus de l’Afrique. Pour tous les routards qui ne
connaissent pas le Gabon ! Du même auteur : Les Diamants de
Popenguine Aventures Africaines Gabon Sierra Léone
Sénégal Le Grand Sud Aventures au Maroc A ma
mère A ma fille Karin A Amaury A Paris Roger Berteaux est
sous perfusion dans un hôpital parisien réputé
dans le traitement des maladies tropicales. Il a le teint un peu
jaune. Il est fatigué, amaigri, mais il a le moral. Il rit
même avec son infirmière car il parle de
Lambaréné et au moment où il prononce les mots
« Albert Schweitzer », ils reprennent ensemble la
réplique : « le Bon Docteur Blanc ! » Tous les
Gabonais, et tout le corps médical d’Afrique, au
moins, connaissent l’expression et ça les fait rire
tous les deux. Et Roger de commencer à raconter
l’histoire peu commune de ce docteur peu commun. Comme pour
se prouver qu’il est encore vivant et comme pour tester ses
facultés, Roger récite plutôt qu’il ne
raconte. Son infirmière, complaisante, laisse faire et
écoute car elle a appris l’histoire quand elle
était jeune. -- Albert Schweitzer est né à
Kaysersberg près de Strasbourg le 14 Janvier 1875. Il est
mort à Lambaréné, au Gabon, en 1965. Il fonde
son premier hôpital le 16 Avril 1913 avec sa femme
Hélène et s’installe sur le terrain de la
mission d’Andendé. En 1914, la première guerre
mondiale met un terme à son activité. L’Alsace
étant rattachée à l’Allemagne,
Schweitzer cesse toute activité et doit partir en France. Il
reviendra construire un deuxième hôpital en 1924. Le
21 Janvier 1927, Albert Schweitzer déménage et
s’installe dans son troisième hôpital à
trois kilomètres du précédent devenu trop
petit…… Mais la porte vient de s’ouvrir et Roger
s’arrête de parler quand il voit entrer sa fille
Brigitte. Il sait que sa fille n’apprécie pas ses
discours sur l’Afrique. Pas du tout même, peut-on dire.
Brigitte est infirmière dans un autre hôpital
parisien. A Sainte Anne plus précisément. Elle salue
Mathilde qui s’occupe de son père et elles
échangent quelques mots. Brigitte embrasse son père
sur le front d’un baiser qui dure une seule seconde de plus
que disons « la normale », mais suffisante. -- Tu as
encore un peu de fièvre. Je t’ai apporté le
journal Le Monde. Mais ne te fatigue pas trop. Brigitte ne reste
pas très longtemps avec son père. Ils n’ont pas
grand-chose à se dire au grand regret de Roger. Il adore
l’Afrique, elle la déteste. L’infirmière
qui s’occupe de Roger est d’origine camerounaise. Elle
aime parler de l’Afrique et elle sait que ça remonte
le moral de Roger. Il les aime bien les Africaines. Le badge porte
son prénom : Mathilde. Roger se sent morose tout à
coup, comme vidé. Ca lui a pris dès que sa fille a
quitté la chambre. -- Mathilde ? Vous permettez que je vous
appelle Mathilde ? -- Oui. Bien sûr. Roger est maintenant
décontenancé et au lieu de continuer son discours sur
Albert Schweitzer, il parle du Cameroun. Oui. Il aurait aimé
que sa fille reste plus longtemps à ses côtés.
-- Je connais un peu votre pays, surtout le Nord. Garoua, Maroua.
Et la réserve de Waza. Entre Cameroun et Tchad. Mathilde
sourit discrètement et ne lui fait pas de remarques pour le
changement de sujet. Roger commence à lire Le Monde. --
Toujours des problèmes un peu partout, ça bouge,
ça bouge en Afrique ! Vous êtes mieux ici, c’est
plus calme, n’est ce pas Mathilde ? Tenez, en Guinée
Equatoriale, ce petit pays coincé entre votre pays et le
Gabon d’où je viens, on a tiré sur le
Président T.O Nguéma Mbossogo. Tout ça parce
qu’il veut construire un barrage sur le Rio Benito pour
alimenter le pays en électricité. Les rebelles se
seraient réfugiés au Gabon. C’est ce que
l’on croit. . -- Oui. C’est plus calme ici, en France,
mais mon pays me manque vous savez. -- Je comprends Mathilde.
L’Afrique me manque aussi et même si ça bouge,
j’espère y retourner. -- Vous y retournerez vite,
Roger, j’en suis sûre. Encore une semaine, puis un peu
de convalescence chez vous et vous ne penserez plus à votre
séjour à l’hôpital ni à moi,
ajoute-t-elle en riant. En effet, une semaine plus tard, Roger
rentre chez lui. Mais il est très fatigué. Les
mouches à filaires et la malaria ne l’ont pas
épargné. Il devra continuer son traitement
très sérieusement. Ah ! Quelle saloperie ces petites
mouches rouges triangulaires comme des mirages avec leurs ailes en
delta. Elles vous piquent et vous refilent un ver très fin
comme un fil, d’où son nom de filaire. Et ce ver se
déplace sous votre peau. Parfois, on peut le voir onduler.
Quand ils en sont atteints, les Africains bloquent sa progression
en appuyant avec un doigt là où le ver ondule. Puis
ils incisent la peau au niveau d’une extrémité
du ver, le tirent à l’extérieur et le coincent
dans un petit morceau de bois fendu. Chaque jour, ils tirent le ver
hors de la peau en l’enroulant sur le morceau de bois. Mais
ce ver peut atteindre des organes vitaux et provoquer la mort !
Roger n’a rien à faire à part se reposer. Il
pense au Gabon et se demande s’il y retournera. La nuit, il
rêve qu’il est à Ivindo avec son équipe
d’Africains. Il rêve qu’il est sur son chantier.
Sa mission : poser des rails de chemin de fer. C’est ce que
font ses Africains depuis cinq ans. Roger, lui, dirige le chantier
depuis deux ans. Auparavant, il était en Guyane
française. Entre les deux contrats il est resté huit
mois au chômage, chez lui, à Paris avec sa fille
Brigitte. Il a envoyé une vingtaine de C.V. Que des
réponses négatives. Et puis un jour, il reçoit
une lettre. Son C.V. a retenu l’attention d’un
recruteur. Celui-ci exige une bonne expérience des
contrées chaudes et humides. Et qui dit chaudes et humides,
dit végétation luxuriante donc jungle. Roger en est
fou de la jungle. Avant d’aller en Guyane, il a
déjà travaillé en Afrique pour la construction
d’un barrage sur le fleuve Congo. Un bon contrat, trois ans
renouvelables. Il a rempilé trois ans de plus. Là, sa
femme Muriel et Brigitte en ont eu vraiment marre de
l’Afrique et de sa jungle. Irrésistiblement
attiré par la forêt, il faut qu’il s’y
rende coûte que coûte. Il aime humer toutes les odeurs
qui s’en dégagent. Il aime marcher lentement, sans
faire de bruit pour ne pas effrayer les oiseaux qui chantent ou les
animaux qui s’appellent. Il aime les surprendre, les
découvrir sans qu’ils ne s’aperçoivent de
sa présence. Et quand il aperçoit des Africains dans
les savanes, il va à leur rencontre. Il sympathise avec eux
et certains lui proposent même de les accompagner à la
chasse à l’arc, ou à la lance ou bien relever
des pièges. Le contact ! Roger aime le contact avec les gens
différents. Il veut connaître ces peuples qui vivent
à l’opposé de lui. Lui, qui a tout le confort
partout où il va, saurait-il faire du feu sans allumettes ou
sans briquet ? ça n’est pas sûr.
D’ailleurs, avant de partir, il se rend dans les magasins
spécialisés dans la vente de matériel de
camping ou de survie. Repartir avec du matériel neuf. Se
racheter un nouveau couteau, par exemple. Tout en gardant
l’ancien en souvenir, accroché au mur au milieu de
beaucoup d’autres objets. Il prend des photos de tout et
déteste être à court de pellicules. Un jour sur
le chantier d’Ivindo, la radio grésille dans son 4x4.
Il est quinze heures. -- Roger de Philippe, Roger de Philippe !
Philippe Loubriet est le chef de la base d’Ivindo. -- Oui.
Philippe de Roger, j’écoute. -- Je viens d’avoir
Dieudonné, le chauffeur du train. Il est à quatre
vingt kilomètres d’ici. Il vient
d’écraser un buffle sur la voie. Il aura deux heures
de retard. -- Ah ! Merde, merde ! J’espère que ce
n’est que deux heures de retard ! J’ai besoin de
pellicules pour demain ! Roger qui n’a plus de pellicules
photos, a demandé à Dieudonné de lui en
ramener de Libreville. D’habitude, c’est moi, Charles
Flamant, qui lui en ramène et qui les fait développer
à Libreville. Cette fois-ci, Roger est pressé. Et il
n’aime pas être à court de munitions, comme il
dit, car il immortalise tous les moments importants de sa vie sur
le chantier. Les soirées organisées le week-end, les
anniversaires, les fêtes, le train, les animaux sur la voie.
Mais jamais d’accidents comme celui qui vient
d’arriver, il n’aime pas ça. Mais il a
déjà vu des éléphants sur la voie,
obligeant le train à stopper à cent mètres
avant le butoir à Ivindo, faisant rager tout le monde.
Quelques minutes seulement mais suffisantes pour qu’il puisse
prendre en photo les éléphants avec le train juste
à côté. « Ah ! Ça c’est des
souvenirs ! » dit-il. Il a essayé
d’intéresser des collègues à ses balades
mais en vain. La plupart ne veulent pas bouger. Il se demande
comment on peut rester allongé tout un week-end au bord de
la piscine. Car à Ivindo, comme sur toutes les bases de
l’Octra (Office du Chemin de fer Transgabonais) il y a une
piscine, ainsi qu’un court de tennis. Mais pour le moment,
Roger est à Paris, et il repense à tout son
passé et comme pour ne pas en oublier, il sort ses albums de
photos et passe en revue tous ses souvenirs. Aux papillons
succèdent les éléphants qui succèdent
aux serpents etc.… et puis il pense aux amis. Roger sort un
bloc de papier de son bureau et commence à écrire.
Comme pour se sentir près d’eux, il regarde tout
autour de lui. Ils sont tous là, ses potes, en photo sur
tous les murs de son bureau, au milieu des masques, des lances, des
arcs et ça lui donne le vertige. Roger, tout à coup
transpire, il ne se sent pas bien du tout. A suivre….
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Date de création : 25/05/08
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Dernière mise à jour : 01/06/08 11:54 / 3 articles publiés